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lundi 1er décembre 2025 à 18h30

Rassemblement pour la journée mondiale de lutte contre le SIDA

Le FAGs (Front d'Action Gay de Strasbourg) appelle à un rassemblement dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le SIDA.

Communiqué

LA LUTTE CONTRE LE VIH EST AUSSI UNE LUTTE ANTIRACISTE
À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, nous rappelons que le VIH ne frappe pas au hasard, dans la France universaliste où on ne voit pas la race, le VIH touche principalement les populations racisées.
Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les travailleuses du sexe, les personnes usagères de produits psychoactifs, les personnes transgenres et les personnes incarcérées sont en première ligne, mais quand on superpose ces catégories à la race, il devient évident que les personnes originaires d'Afrique subsaharienne, venues de territoires où la pandémie de VIH est la plus meurtrière (notamment au sud de la forêt équatoriale africaine), subissent un cumul de vulnérabilités qui en fait la cible principale de l'épidémie en France. À l'échelle locale, dans le Grand Est, sur 170 nouvelles découvertes de séropositivité en 2023, 71 concernent des personnes nées en Afrique subsaharienne, soit 41% des nouvelles infections découvertes. Un chiffre qui n'a rien d'un hasard, mais tout d'un système raciste et cis-hétéro patriarcal qui organise l'abandon des corps indésirables.
Nous avons entre nos mains des outils révolutionnaires : la PrEP, le TASP (Traitements préventifs) et le TPE (Traitement Post-Exposition), des avancées scientifiques qui pourraient éradiquer les nouvelles contaminations et offrir une vie digne aux personnes vivant avec le VIH.
Pourtant, l'État français sabote leur accès. Ces traitements restent trop chers, trop complexes à obtenir, et hors de portée pour les migrant·es, faute de volonté politique et l'AME (Aide médicale d'Etat) en est le parfait exemple. L'AME est un dispositif destiné à permettre l'accès aux soins des personnes migrantes précarisées administrativement, l'AME est un droit non négociable et la couper serait une économie
inhumaine, irresponsable, violente et raciste en plus d'être une aberration de santé publique.
Protéger les plus vulnérables c'est protéger l'ensemble de la société et le système de santé, par la prévention de la diffusion du virus et la prise en charge précoce des personnes atteintes.
Pourtant, l'État français plie encore une fois le genou à l'extrême droite et ses obsessions fascistes en voulant couper ce dispositif déjà très insuffisant: délais interminables, refus arbitraires, contrôles humiliants et soignant·es mal formé·es transforment l'accès aux soins en épreuve discriminante et violente. Si l'AME continue à exister, elle restera insuffisante, trop restrictive, et ne protège pas contre les discriminations qui tuent. Nous ne voulons plus de demi-mesures : nous exigeons l'AME pour toustes, sans condition, sans attente, et avec une couverture intégrale des soins.
Nous voulons la justice et les réparations pour les négligences criminelles de l'État et pour faire cela l'AME ne suffit plus: pendant que l'État-Empire engloutit des milliards d'euros dans ses guerres néocoloniales et ses centres de rétention, il abandonne les populations les plus précaires à leur sort. Comme il a abandonné les pédés par le passé et continue à délaisser les pédés les plus précarisés. Il faut maintenir l'AME et aller plus loin encore.
Nous exigeons des campagnes de dépistage massives, gratuites et autonomes dans chaque quartier, chaque squat, chaque lieu de vie des migrant·es, avec des équipes mobiles et un accès immédiat aux traitements. Nous voulons une formation obligatoire de tous les professionnel·les de santé à l'antiracisme, à l'approche communautaire en santé, à la santé globale et à l'accueil inconditionnel.
Nous exigeons la décriminalisation totale du travail du sexe, des cliniques mobiles dans les zones de travail, avec des soins gratuits, anonymes et sans risque de répression policière, et des programmes de réduction des risques adaptés à leurs réalités.
Il est temps d'arrêter de céder aux imaginaires réactionnaires et fascistes de l'extrême droite et d'admettre l'efficacité des haltes soins addictions (anciennement appelées "salles de consommation à moindre risque") et de les instaurer dans chaque ville, afin d'assurer un accès gratuit et anonyme aux traitements de substitution, et pousser pour la fin de la criminalisation de la consommation de drogues qui pousse les consommateurices dans la clandestinité et l'insécurité sanitaire.
Nous réclamons la création d'espaces de santé communautaires, autonomes et non-mixtes, gérés par et pour les personnes racisées, migrantes, LGBTQIA+ et précaires, dotés de budgets publics et d'une pleine autonomie.
Nous exigeons un triplement du budget de la lutte contre le VIH, avec 100 % des fonds supplémentaires alloués aux associations communautaires et aux structures antiracistes. Et nous voulons la gratuité totale et immédiate de la PrEP, du TASP et du TPE pour toustes, sans ordonnance, sans contrôle, sans condition de séjour, distribués partout où les gens en ont besoin.

Ahmed, Pédé, séropo et sans-papiers résidant en Belgique témoigne de cet abandon par les systèmes de santé et les Etats : "Le pire c'est que tu vis comme ça, sans salaire, sans revenu. Le matin, il faut sortir, il faut se battre pour trouver de quoi manger. Tu oublies tes problèmes de santé mais tu as toujours la peur. [...] C'est pas possible d'être sans revenu en plus d'être malade. On reçoit les médicaments dans une main et dans l'autre, on a une assiette vide. Comment on fait alors que les médicaments font mal au ventre ?"

Il est nécessaire d'envisager une politique de santé globale qui prenne en compte les conditions de vie des plus vulnérables. En ce sens nous exigeons un revenu universel, stable et fixe qui permet aux personnes migrantes de subvenir à leurs besoins essentiels : logement, nourriture et vie communautaire.
Nous interpellons les responsables politiques : Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, le président de la région Grand Est Franck Leroy, le président de la communauté Européenne d'Alsace Frédéric Bierry, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian. À chaque échelle vous devez agir, prévenir, protéger.